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Pourquoi ne pas le dire ? Une balle dans le pied L’intersaison qui s’achève nous aura offert, au niveau de la Ligue 1, un mouvement d’entraîneurs d’une ampleur telle que notre championnat d’élite n’en avait encore jamais connu. Un bien, un mal ? On n’est pas là pour en juger tant que tout se passe dans les règles et dans le respect des hommes comme des règlements. Tout au plus se permettra-t-on de relever que les limites du ridicule ont sans doute été franchies avec le licenciement brutal et sans motifs de Rudy Garcia par le Directeur Général du LOSC, lui-même congédié peu de temps après en prélude à la réintégration du même Garcia à son poste ! Passons… Il nous semble simplement opportun de rappeler ici que la mission première –osons même le mot « vocation »- d’un entraîneur est de construire, de mener à son terme un projet élaboré quant à son contenu, à ses objectifs et à sa durée, avec les dirigeants d’un club, le plus souvent son Président. Une fois les termes du contrat clairement définis, l’entraîneur a besoin de confiance et de sérénité pour bien travailler, avoir les meilleures chances de « rester dans les clous » et d’aller au bout de son projet. Or, les chausse-trappes, les agents perturbateurs et déstabilisateurs sont déjà assez nombreux dans un football de haut niveau hyper médiatisé –on refait le football tous les jours à toutes les heures sur toutes les antennes !-, et où les humeurs changeantes de certains joueurs pas toujours bien conseillés n’arrangent rien, pour qu’on s’épargne les conflits internes et les coups de pied de l’âne de ceux qui, en bonne logique, sont censés porter et défendre le même maillot que l’entraîneur et les joueurs. A peu près tous les exemples d’une réussite probante dans notre football procèdent, entre autres facteurs mais d’abord, d’une osmose sans faille, souvent complice, entre un Président fort, de plein exercice et un entraîneur concentré sur sa mission et libéré des pressions et des menaces inutiles. Un Président qui licencie son entraîneur en cours de route réalise-t-il qu’il ne fait que se déjuger –c’est lui qui a procédé au choix et au recrutement de l’entraîneur !- et rompre unilatéralement donc abusivement un contrat élaboré et signé par deux parties ? Au moment où le Président de la Ligue Professionnelle souligne à juste titre le caractère excessif, outrancier voire déloyal des sommes engagées ici ou là sur le marché des transferts internationaux –« on va dans le mur » prévient Frédéric Thiriez-, et alors que les clubs français souffrent déjà d’un déficit structurel handicapant en termes de stades, de marketing et de fiscalité, perdrons-nous enfin cette sale manie de nous tirer une balle dans le pied, à intervalles réguliers, avec des licenciements d’entraîneurs illicites règlementairement, dégradants humainement, et qui n’aboutissent presque jamais, de surcroît, au résultat escompté ! Si l’on veut essayer de rester forts, à tout le moins aussi forts que possible, face à une concurrence européenne féroce et peu regardante, commençons par rester unis et solidaires entre nous, entre tous ceux qui sont partie prenante dans la bonne marche de notre football, et dont nous ne doutons pas un instant qu’ils en souhaitent tous la progression et la réussite. Joël MULLER Président
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